Critique cinéma : Contagion, un scénario crédible mais trop "mécanique"

  • 6 November 2011
  • M
Marion Cotillard lutte contre la contagion

Sortie au cinéma le 9 novembre 2011

Mysophobes (germophobes), prenez garde. Contagion se répand mercredi dans les salles de cinéma françaises. Dans ce film, Steven Soderbergh détaille avec précision la progression d'une pandémie mortelle, depuis les premières étapes.
Fidèle à sa formation de monteur et à son talent, dont il fait par exemple la démonstration dans Traffic, Soderbergh compose une structure narrative complexe, et parvient dans Contagion à imbriquer les nombreuses pièces du puzzle de la contamination dans le tableau plus large d'une pandémie.
De manière froide, calculée, médicale, presque journalistique, il analyse - au fil des jours - la propagation de la maladie et ses effets.
La mise en scène et le montage sont impeccables et Steven Soderbergh s'attèle avec un certain succès à s'éloigner des poncifs du genre en abordant à sa façon un sujet maintes fois traité par d'autres.

Quand la menace n'est pas que virale

Jour 2 de la pandémie : des individus (une jeune femme fiévreuse dans un aéroport, un serveur fatigué qui rentre chez lui après une nuit agitée, un homme dans un bus, une femme dans sa chambre d'hôtel), se sentent fièvreux, fatigués, perdent connaissance et s'effondrent. Les décès se multiplient rapidement...
L'Organisation Mondiale de la Santé e Le Centre de Contrôle des maladies envoient leurs meilleurs scientifiques (Laurence Fishburne, Kate Winslet, Marion Cotillard et Jennifer Ehle) pour remonter aux sources du virus et développer le vaccin. Mais la maladie, aussi virulente et mortelle soit-elle, ne sera pas leur pire ennemi : elles devront aussi se confronter aux limites des intérêts politiques, à l'immoralité des êtres paniqués.

La critique outre-Atlantique

L'angoisse est tangible, tant les événements - réalistes - prêtent à l'identification du spectateur.
A la vue de Contagion, les phobiques des germes s'en trouvent confortés, et la sortie du cinéma risque de s'avérer complexe pour ceux qui ont déjà une conscience exacerbées des menaces "bactériologiques" de leur environnement : ils regarderont avec plus de méfiance encore les poignées de portes,les verres, les barres dans les rames de métro ... tant le film contribue avec talent à les identifier comme des sources de menace et rend évident à quel point nous sommes, au quotidien, vulnérables aux infections.

Une fois n'est pas coutume,le talent de Soderbergh pourrait bien avoir desservi son film.

A force d'efficacité et de précision, le scénario en vient pourtant à oublier de ménager le suspens et de mettre en valeur les acteurs, qui semblent s'effacer (il semble d'ailleurs que Marion Cotillard souffre particulièrement de ce travers).

A vous d'en juger ...

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