Un air de famille : comment régler ses comptes en famille

Catherine Frot souffle les bougies pour son anniversaire

Un air de famille, c'est un film français de Cédric Klapish avec Jean Pierre Bacri et Agnès Jaoui sorti en 1996. Cultissime !!! J'adore tout d'abord le sujet, puis l'histoire, et Bacri et Jaoui sont excellents dans leurs rôles taillés sur mesure.

C'est l'histoire d'une famille ordinaire. Un fils, Philippe (Wladimir Yordanoff), qui a mieux réussi que les autres, une soeur, Betty (Agnès Jaoui), rebelle qui travaille pour lui, et Henri (Jean Pierre Bacri), propriétaire d'un café ou toute la famille se retrouve pour l'anniversaire de Yo-Yo, (Catherine Frot).

Henri est en plein drame familial car son épouse vient de quitter le domicile. Le reste de la famille, sa mère, son frère, sa belle soeur et sa soeur restent dans son café, ça tombe mal, oui très mal mais c'est tant mieux car Henri et Betty vont régler leurs comptes avec le reste de la famille pour notre grand plaisir. Un grand moment de cinéma-réalité si je puis me permettre l'appellation.

Car lui, Henri, il en a gros sur le coeur, c'est un gars tranquille qui n'emmerde personne et qui voudrait juste qu'on ne l'emmmerde pas. Il a son gros caractère mais il est gentil et doux comme un agneau.
On sent bien qu'il encaisse, qu'il encaisse depuis longtemps et là ça déborde. Pourquoi, pourquoi donc ne peut-il pas vivre comme il l'a décidé ? Sa vie est celle qu'elle est, il l'a ou il ne l'a pas choisie, et ce n'est pas parce qu'il n'est pas cadre dans une grande entreprise avec son nom sur la porte de son bureau qu'il est inférieur aux autres.

Son frère est égocentrique, plein aux as.Il ne pense qu'à parler de son travail. Sa mère l'encense au plus haut point. Les deux garnements de la famille, Henri et Betty, eux en prennent régulièrement pour leur grade.
Je ressens très bien cette exaspération de certaines relations familiales hypocrites que ressentent Henri et Betty. Toujours les mêmes qu'on encense, toujours les mêmes qu'on critique. Henri ne demande rien d'autre qu'on le laisse tranquille, qu'on lui foute la paix, et particulièrement ce soir là.

Pareil pour Betty, elle est anti-conformiste mais juste, loyale et honnête. Pas de faux semblants. Elle aussi profite de cette soirée pour régler ses comptes avec son frère boursouflé d'orgueil et d'hypocrisie. Quoi, quoi, c'est quoi le problème ? Pourquoi serait-on obligés de ressembler à l'assemblée, de faire tout ce qui est supposé être de bon ton mais sans rien en penser du tout.
Elle déteste à juste titre "les petits numéros" que certains font en famille. Les faux semblants. Regardez, moi j'ai réussi, moi j'ai fait un beau cadeau mais j'ai plein d'argent alors je peux me le permettre comme le rappelle Henri. Je déteste ceux qui font leur show en famille, regardez moi, ca va, tout glisse sur moi ! Je préfère ceux qui se plaignent, qui râlent et qui sont sincères, et qui ne se laissent pas atteindre par ceux qui voudraient leur imposer leur mode de vie, ou leur mode de pensée.
Car il serait complètement irrationnel de penser qu'il n'y a qu'un mode de pensée, ou mode de vie. Il suffit juste de passer d'une région à une autre par exemple pour remarquer des différences hallucinantes dans tout. Au sein d'une même famille pourquoi devrait-on alors se ressembler, s'accorder si on est différents ?

Moi ça m'exaspère autant qu'Henri et Betty.

J'arrête là ma dissertation sur la sociologie de la famille pour revenir sur les extraits que je vous ai choisis.

Tout d'abord je vous laisse savourer une des scènes ou ils sont tous à table et deux répliques de Bacri cultissimes.... Ces extraits résument en tout point l'ambiance du film et le ressenti de chacun. C'est extrêmement bien joué. Les acteurs, la déco du resto, la lumière, le gâteau qui n'en est pas un, le collier de Yo-Yo.
Tous ces petits détails qui - selon moi - font de ce film une réussite, un des meilleurs films Français à ce jour.

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