Gatsby le magnifique, scène de la piscine : deux portraits en miroir

Robert Redford, Gatsby, dans la piscine de sa luxueuse demeure

Il y a quelques semaines, j'apprenais avec une pointe de tristesse que la maison de Gatsby le Magnifique a été détruite. C'est du moins ce que titraient quelques magazines, probablement à la faveur d'une dépêche AFP.

Pour ce qui est de la maison, elle aurait effectivement pu servir d'inspiration à F. Scott Fitzgerald lorsqu'il écrivit son livre. Dans les années 20, l'écrivain louait en effet une maison dans les parages.

Et pour ce qui est de la suite de ce post, elle disposait effectivement d'une piscine.

Car c'est bien d'une piscine qu'il va être question, dans la scène qui va suivre et que j'ai choisi de commenter.

Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby), donc, est un film inspiré du roman éponyme de F. Scott Fitzgerald,et réalisé en 1974 par Jack Clayton.

L'action se situe dans les années 1920, les « années folles ». Dans une somptueuse demeure de Long Island, le mystérieux Jay Gatsby (Robert Redford), à la fortune douteuse et sur le passé duquel diverses rumeurs circulent, donne fréquemment des réceptions qui accueillent des centaines de convives parmi les plus riches de la région, mais auxquelles lui-même ne participe pas forcément.

Derrière cette fortune, se cache une obsession : l'amour de Gatsby pour la belle Daisy Buchanan (Mia Farrow), avec laquelle il avait vécu une idylle dans sa jeunesse, avant qu'elle ne lui préfère un beau parti issu de la bourgeoisie locale : Tom Buchanan (Bruce Dern). On ne mélange pas les torchons et les serviettes.

Je ne m'étendrai pas sur le reste de l'intrigue, finalement assez plate. Simple comme le quotidien. Si simple qu'il a fallu l'art d'un grand écrivain pour l'imaginer et le talent d'un grand réalisateur (Francis Ford Coppola) pour en écrire le scénario.

Gatsby est magnifique, donc. Magnifique parce que riche mais aussi parce qu'il est distant. Et il est distant car inadapté.
Il n'est pas de ce monde d'opulence et s'y sent isolé. Il s'y isole de lui-même de toute façon accaparé par son unique obsession : Daisy.
C'est tout juste s'il parvient à se faire un ami en la personne de son voisin Nick Carraway (campé par Sam Waterston).

Gatsby est riche, immensément riche mais est étranger aux vicissitudes de l'argent et aux futilités qu'il engendre, même s’il en savoure paisiblement les avantages.

Gatsby semble-être un homme bien. On peut supposer que pour faire fortune rapidement, il a pris des raccourcis. Mais là encore, on ressent que son unique ambition était de conquérir Daisy.
Un tic de langage ("Old chap") laisse encore paraître ses origines modestes.

Dans le film Gatsby a un alter ego : George Wilson (Scott Wilson), un garagiste des environs qui souffre lui aussi pour son épouse Myrtle (Karen Black) d'une passion dévorante.

Deux vies bien différentes, mais une même passion pour des femmes volages et un même destin.
L'un et l'autre sont deux figures d'un seul et même être.
L'un est ce que l'autre aurait pu être. Et inversement.

Malgré leurs similitudes, ces deux là ne se rencontreront que pour mourir.

A ce moment du film, Gatsby semble prendre un peu de distance avec sa passion, tandis que George sombre dans la sienne, désespéré par la mort de Myrtle, dont il croit Gatsby responsable.

La scène de la piscine, mort de Gatsby

La scène qui suit, la scène de la piscine, est le dénouement de l'histoire.

Elle est empreinte d'un peu de tristesse. De cette tristesse que l'on ressent quand un homme bon meurt pour les beaux yeux d'une idiote.


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