Le grand pardon : Ouvre bien grand la bouche.

Le Grand Pardon, Bernard Giraudeau, Roger Hanin

Le Grand Pardon c’est notre "Parrain" à nous. De là à dire qu’Alexandre Arcadi est notre Coppola et Roger Hanin notre Marlon Brando, il y a un pas, et peut-être un gouffre, que je ne franchirai pas.

Sorti en 1981, c’est une grande saga familiale avec un Hanin flamboyant à la tête du clan Betoun, des juifs pieds-noirs un peu caricaturaux et très penchés sur le crime organisé. Tout le monde, du neveu au tonton en passant par les cousins vit autour du chef de Clan qui prône les valeurs familiales de "là-bas" tout en zigouillant à tour de bras.

Evidemment, il y a un méchant rusé, Bernard Giraudeau, qui réussit à monter les Arabes contre le juifs et là tonton Bettoun se fâche tout rouge.

La distribution est prestigieuse. Jugez plutôt : Roger Hanin, Robert Hossein, Richard Berry, Jean-Pierre Bacri, Gérard Darmon, Jean-Louis Trintignant, Richard Bohringer, Bernard Giraudeau, Sam Karmann, Jean Benguigui, Anny Duperey, Clio Goldsmith


Le jour du Grand-Pardon : Hanin rend visite à Giraudeau

En tant que fils de pieds-noirs, j’ai évidement été particulièrement marqué par ce film. Et même si vous ne l’avez pas vu, la scène qui suit est suffisamment parlante pour retenir votre attention.
C’est à la fin du film, Roger Hanin, réussit à mettre la main sur Bernard Giraudeau qui a passé tout le film à lui faire des misères. Il décide donc de mettre un terme à sa carrière d’emmerdeur patenté. Le problème c’est qu’aujourd’hui c’est le Grand Pardon. Fête juive sacrée pour Bettoun et il n’a pas le droit de faire du mal.
Je vous laisse voir comment il s'y prend pour expliquer à Bernard Giraudeau son problème.

C’est rapide et percutant.

J’aime le regard de peur de Giraudeau. Hanin à l’air fatigué et maitrise la colère froide parfaitement. Il sur-joue peut-être un peu, mais peut-on lui reprocher d’avoir trop regardé Marlon Brando ?
Bizarrement, je trouve que la mise en image de cette scène a des airs de Sergio Leone. De très gros plans appuyés pour bien lire le regard. On se retrouve dans la tête de Giraudeau, on imagine parfaitement la panique qu’il peut y régner sur le moment et le bordel qui va suivre.

C’est simple, efficace, certains diront peut-être un peu violent sur la fin mais le message est clair, on ne rigole pas avec le chef du clan Bettoun.


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