L’homme qui tua Liberty Valance : Un cowboy défend son beefsteak

L'homme qui tua Liberty Valence. Wayn contre Van Cleef

L’homme qui tua Liberty Valance (The Man Who Shot Liberty Valance) , un film de John Ford de 1962.

Pour l'histoire, en bref, Ransom Stoddad, un politicien reconnu, assiste avec son épouse à l'enterrement de son ami Tom Doniphon. A cette funeste occasion, il revient alors avec un journaliste local sur les moments déterminants de sa vie, parmi lesquels son arrivée dans l'Ouest, l'arrêt de sa diligence par le célèbre bandit Liberty Valance, et sa volonté de se venger de ce-dernier.
A cette époque et dans cette entreprise, Doniphon était devenu son allié...

Venons-en maintenant à la scène qui nous intéresse.

L’action se passe dans une petite ville de l’ouest américain, vers 1880, précisément dans le restaurant-bar-saloon, une sorte d’Hippopotamus local.
Elle oppose trois personnages.

D’abord, une brute épaisse, sans foi ni loi, campée par Lee Marvin, c’est Liberty Valance. En face Tom Doniphon, un autre cow-boy dont le rôle est interprété par John Wayne et enfin James Stewart (Ransom Stoddard) le séduisant juriste qui avec ses bagages apporte le progrès dans ces territoires reculés.

Le duel est très bref.

Pour cracher sa haine de la civilisation qui va déferler sur ce nouveau monde Valance fait à Stewart un croche-pied tout à fait déloyal qui l’expédie au tapis avec le steak de Tom Doniphon.
Visiblement ce dernier n’aime pas être dérangé à l’heure du repas...

Voici le dialogue de cette scène mythique:
«- C’était mon steak Valance,
- Eh bien ramasse-le
- Non, Valance, c’est toi qui va le ramasser ! »

Difficile de faire plus simple n’est-ce pas ? Ca c’est du cinéma efficace ! On s’attend à voir nos deux protagonistes se révolvériser pour une entrecôte-pommes de terre et dans la foulée à massacrer tous les clients du saloon. La tension est à son comble. Heureusement, James Stewart, qui lui ne porte pas de pistolet intervient très courageusement, évitant ainsi une tuerie générale. Par son geste il assure la marche de la civilisation. Il aurait pu dire à cet instant : « C’est un petit pas pour l’homme mais un grand pas pour les cow-boys ! »

Bien que ce soit un bandit, j’ai une certaine compassion pour Liberty Valance, et je comprends son désespoir de voir son monde disparaître. Stewart est bien plus gentil mais il est trop fragile au milieu de ces brutes. Au fond il n’a pas les moyens de ses ambitions. Il se serait retrouvé au cimetière bien avant la fin du film si Doniphon ne lui avait pas donné un coup de main inespéré, ce qui d’ailleurs ne l’a pas empêché de lui piquer sa fiancée... (Ah ! ce n’est pas un homme de l’ouest qui se serait permis ça !)

Les nostalgiques s’identifieront au personnage du cowboy sûr de sa force tranquille qu’est John Wayne. Il appartient à la mythologie américaine, mais plus nombreux sont les Américains qui lui préfèreront l’ambitieux auquel tout a réussi, sans trop s’interroger sur les moyens mis en œuvre pour y parvenir.

Westernement vôtre !

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