Lawrence d'Arabie et le Bey turc : une séance de torture incommodante

Lawrence face au By turc

Il y a des années de cela que j'ai vu Lawrence d'Arabie pour la première fois.

Je me souviens de l'exaltation des batailles et de l'admiration que j'éprouvais pour cet être blanchâtre, aux cheveux blonds (really ?) et aux yeux clairs, qui avait pourtant su jouer un rôle politique important dans ce paysage brûlé par le soleil du désert.
Je me souviens aussi de l'absurde décès, un accident de la route en dissonance avec une vie de dangers évités de peu.
Je me souviens enfin de la scène dite du "Bey Turque".

Longtemps je me suis demandé ce qui avait pu générer le malaise que j'avais ressenti à l'époque en visionnant cette scène.

Pour les besoins du site, je me suis donc mis en quête de la-dite scène, et l'ai de nouveau regardée.

Avec un peu de recul, il me semble que le film (tout autant que le personnage campé par Peter O'Toole) souffre un peu du côté hollywoodien. Un peu carton-pâte, un peu passé.

Et pourtant cette scène, qui ne dément pas complètement ce que je viens de dire, est également marquante par la modernité de la prise d'images. Je m'explique.

Dès le début de la scène, par un jeu de regards et d'attitudes, on sent que ce dernier est entouré d'une étrange aura lubrique.

Alors que Lawrence s'adresse respectueusement au Bey ("Effendi"), et répond avec une certaine candeur à ce dernier, le Bey sous des apparences d'abord très policées, exprime ensuite le malaise de sa position et me son prisonnier à demi-nu pour ensuite lui toucher la peau d'une manière étrange. Un zoom sur les lèvres du Bey accentue encore la lubricité du personnage.
Suit une phrase concernant les hommes et ces uniformes qu'ils ne peuvent pas porter en permanence. Lawrence sent la menaces et se fend d'un monumental coup de genou dans les burnes du Bey.

Cet acte lui vaut alors de se faire fouetter dans une position inconfortable, les bras maintenus par un garde dont le regard respire la perversité heureuse, et la bêtise mauvaise.

Lawrence s'évertue à ne pas lâcher le moindre son. A la faveur d'un regard et d'une toux, il s'aperçoit que le Bey l'observe - voyeur concupiscent - dans l'entrebâillement d'une porte.

Il sera ensuite jeté dans la rue, et - dans le film tout au moins - souffrira par la suite d"une forme d'apathie qui ne fait qu'accentuer chez le spectateur l'impression qu'il vient d'assister à un viol.

Pour ceux que ça intéresserait (sait-on jamais), ils pourront trouver en cliquant ici le texte original et une analyse non seulement du masochisme de Lawrence mais aussi de la thèse du viol.

Pour les autres, qui n'en peuvent déjà plus, voici donc la vidéo !

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