"Les Portes de la Gloire" supporte l'exposition aux rayons U.V.

Poelvoorde en slip

Héros malgré lui du film « Les Portes de la Gloire », réalisé par Christian Merret-Palmair en 2001, Régis Demanet (Benoît Poelvoorde) est le petit chef d’une escouade de VRP chargés de refourguer à des gens qui n’ont rien demandé, les habitants de communes déshéritées du Nord Pas-de-Calais, des produits dont ils n’ont évidemment aucun besoin, en l’espèce des encyclopédies au contenu très approximatif.

Dans la première partie du film, Demanet ronge son frein en rêvant à une gloire qui ne vient pas, obsédé par l’admiration qu’il nourrit à l’endroit du personnage joué par Alec Guiness dans « Le Pont de la rivière Kwaï », une référence qu’il inflige sans cesse à ses subordonnés, espérant sans doute faire naître en eux l’évidence de la similarité qu’il est le seul à percevoir entre la destinée héroïque du Colonel Nicholson et la sienne.

Échafaudant des plans grandioses de développement de l’activité de son équipe, Demanet finit par convaincre son patron, le débonnaire Paul Beaumont (Jean-Luc Bideau), de lui confier un nouveau secteur de prospection, le littoral languedocien. Voici donc la fine équipe, composée entre autres du rocailleux Etienne Chicot et du regretté Michel Duchaussoy, embarquée par Demanet vers les plages du grand sud, où les futurs clients sont censés les attendre les portes presque grandes ouvertes.
Pour conquérir ce nouveau marché, supposé très différent des populations du nord de la France, Demanet a un plan, et c’est précisément dans cette scène qu’il l’expose à ses hommes, ceux-ci l’écoutant d’emblée d’une oreille plutôt perplexe.

Le ridicule qui caractérise Demanet tout au long du film n’épargne pas ses vendeurs, et c’est avec un plaisir certain que nous voyons deux d’entre eux faire d’ailleurs débuter cette scène par un combat de coquelets dont l’enjeu réside exclusivement dans la comparaison des mérites respectifs de leurs maillots de bain .
La suite est à l’avenant, pas un pour sauver l’autre, et on se dit alors qu’à l’inverse de la misère, dont on sait grâce à Aznavour qu’elle est moins pénible au soleil, la bêtise ne craint pas l’exposition aux rayons U.V.

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