Les Sorcières d'Eastwick et l'anti-prince charmant

Photo des trois sorcères côte à côte

C'est lorsque je me suis intéressé au film La mort vous va si bien que j'ai repensé aux Sorcières d'Eastwick, film réalisé en 1987 par George Miller. A vrai dire, je ne me souvenais plus du titre de ce film. Quand j'essayais de m'en rappeler, c'est plus naturellement Dangerous Alliance qui me venait a l'esprit. Bref. Jamary, qui ne se souvient plus de l'endroit où l'on a mangé hier mais qui garde des années 1980 un souvenir intact, m'a indiqué de quel côté chercher. J'ai donc retrouvé le film pour le revoir a mes heures perdues.

Les Sorcières d'Eastwick m'ont rapidement semblé familières. Et pour cause , j'ai du voir ce film de tres nombreuses fois sans pour autant vraiment m'en souvenir. Sans compter que ce film a probablement trouvé des émules dans des opus ultérieurs tels que Dangerous Alliance ou encore Charmed...

Ce film entre dans la catégorie fantastique-huis-clos-gentil-cosy que je décrivais dans un précédent post.
Pour servir l'histoire de sorcières, un trio d'actrices détonnant (la brune, Cher, la rousse : Susan Sarandon, la blonde, Michelle Pfeiffer et un solo d'acteur en la personne de Jack Nicholson.

Tout commence par les destins croisés de trois célibataires du village. Sur fond de misère sentimentale et sexuelle, elles rêvent d'un prince charmant fortement érotisé. Le fantasme des sorcières de Salem n'est pas loin et les trois femmes se découvrent des pouvoirs magiques et voient leurs voeux exhaussés. Y-compris celui du prince charmant qui se présente bientôt sous les traits du richissime Darryl.

L'une après l'autre. Dans un contexte, digne de l'exorciste, mais sans aucun exorciste a l'horizon, les trois femmes vont tomber sous le charme du Malin Darryl.

Hormis le climat latent de lubricité de ce film, je crois que c'est le choix de Nicholson pour figurer un prince charmant qui m'avait surpris. Un peu grassouillet, mal fagoté, une gueule de lendemain de cuite... Les princes charmants chez Disney sont sapés de manière curieuse, mais au moins ils ont l'air sportifs et éveillés !

Bien évidemment le Malin a plus d'un tour dans son sac : il sait trouver les arguments qui touchent les trois belles sorcières pour les entrainer dans son lit. Nicholson en VO utilise une diction héritée de la poésie et aux confins de l'hypnose et son charme décalé agit.

Scène de la séduction d'Alexandra Medford (Cher)

Ce qui n'empêche pas les belles apprenties sorcières de se rendre compte que le prince charmant n'en est pas un. Et pour le lui démontrer, Alex, campée par Cher, va l'invectiver outrée par sa grossièreté. A la fin de sa diatrybe violente, Nicholson se contente de lui demander si elle préfère être au dessus ou en dessous. CQFD. Elle est pourtant la première à céder aux avances de l'être curieux qui semblait une minue auparavant la dégoûter.

Aux sommets orgiaques succède ensuite le vaudou comique. Au final on passe un bon moment car les méchants sont de faux méchants et le seul personnage inquiétant, paradoxalement, c'est la bigote-catho, Felicia Alden, qui annonce que le Mal est présent dans la ville (second rôle brillamment interprété par Veronica Cartwright).





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nicholson allongé sur le lit invite cher à l'y rejoindre


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