Les survivants ou le cannibalisme consenti

Carlingue - Vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya

Cette photo semble vraie ? Eh bien elle l'est ! Ce n'est pas un screenshot du film.

Peut-être avez-vous entendu parler de Guillaumet, l'aviateur.

Il est connu, entre autres choses, pour avoir parcouru les Andes (franchissant 3 cols) pendant 5 jours et 4 nuits après s'être écrasé juin 1930 avec son Potez 25 dans la chaîne montagneuse.
Ce brave homme avait conscience que si l'on ne retrouvait pas son corps, l'assurance refuserait de verser la compensation à son épouse avant quatre ans. Cette pensée avait motivé l'aviateur à faire en sorte a minima qu'on retrouve son corps, s'il ne parvenait à survivre à la mésaventure. Il aurait déclaré à St Exupéry, venu le chercher : "Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait"

Quarante années plus tard, une poignée d'hommes, suite à une mésaventure similaire, devait s'évertuer à rejoindre la civilisation pour sauver leur vie et celles de leurs camarades.
Il s'agit des rescapés du crash du Vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya, une catastrophe aérienne qui a eu lieu le vendredi 13 octobre 1972 et qui a causé la mort de 29 personnes (seules 16 personnes ont survécu). Tous se connaissaient plus ou moins : il s'agissait en effet d'une équipe de rugby, des membres de leurs familles ainsi que de leurs amis.

Une fois le choc passé, les survivants espérèrent que les secours viendraient vite mais perdirent espoir lorsqu'à l'aide d'une radio ils prirent connaissance de l'abandon des recherches.

Bien évidemment entre-temps, les faibles quantités de nourriture dont ils disposaient avaient été épuisées et il fallut trouver un moyen de subsistance.

Ni gibier, ni poisson, ni même de végétaux pour combler leur faim. La seule nourriture envisageable était ... les corps de leurs amis et des membres de leur famille.

Après un long débat, les survivants se résolvent à cette extrémité. C'est l'un d'entre eux, Carlitos, qui ouvre la jambe gelée de l'un des cadavres avec un morceau de verre, en extrait de la chair et la mange.
Chacun son tour, les survivants se repaissent de la chair de la dépouille.

C'est munis de cette pitance que quelques-uns d'entre-eux se proposent d'aller au plus vite à l'aventure dans la montagne inhospitalière pour chercher de l'aide. Ils la trouveront ... 72 jours après le crash.

Cette expérience extrême a fait l'objet, en 1993 d'un film : Les survivants (Alive) réalisé par Frank Marshall.Plus que la scène elle-même de la découpe de la jambe et de sa mastication (que vous trouverez ci-dessous, feat. Ethan Hawke), c'est le documentaire que j'avais vu à l'époque qui m'avait marqué.

Dans l'ensemble les rescapés avait finalement plutôt bien supporté le traumatisme de ce cannibalisme contraint.

Carlitos (Bruce Ramsay) garda cependant plus de séquelles psychologiques que les autres, car commis à la découpe, il était le seul à savoir à qui appartenaient les corps, tandis que les autres s'étaient semble-t-il contentés de "consommer".
Les nuits de Carlitos étaient encore tourmentées, bien des années après le drame.

Malgré son côté un peu racoleur, ce film a sans doute un intérêt : ils nous rappelle non seulement notre fragilité mais il aide aussi à comprendre - dans une certaine mesure - qu'il est des circonstances pour lesquelles le vernis de la civilisation ne fait pas le poids.

Ce qu'ils ont fait, je le parierais, une bête aurait aussi pu le faire.

Commentaires

bonne histoire vraie

Bonjour,
Bon article,seulement il y a une petite erreur le crash a eu lieu le 13 octobre et pas en avril. Ce détail, qui peut paraître insignifiant, me chiffonne pourtant puisque si le crash avait eu lieu au porte de l'été il y aurait sûrement eu moins de morts. Merci.

Bonjour,
En Argentine, et dans l’hémisphère sud en général, l'avril n'est au contraire pas la "porte de l’été", le mois d'octobre en revanche si.

Bonjour,

Merci pour votre commentaire et la rectification de cette information erronée !

L'article a été modifié en conséquence...

L'anthropologie
et non le cannibalisme, les personnes étaient déjà décédées malheureusement. d ailleurs dans un interview d'un des rescapés, il le precise bien.
Par ailleurs ils ne machaient pas, mais avalaient direct, c'étaient petit bout par petit bout. Qu est ce qui était racoleur dans le film? je n'ai pas ressenti ça et je l ai déjà vu plusieurs fois

Bonjour Corine,

Effectivement, il est plus juste de parler d'anthropophagie (l'anthropologie, c'est autre chose :o) ) que de cannibalisme. La pratique n'était pas vraiment rituelle ...

En relisant l'article, j'avoue ne plus très bien savoir pourquoi le terme "racoleur" s'y était immiscé. Il s'agissait peut-être tout simplement une manière de reporter la faute sur le réalisateur d'une curiosité un peu malsaine que j'ai éprouvé à la découverte de ce film.

Merci en tout cas pour votre commentaire !

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