La ligne verte : il faut mouiller l'éponge

L'execution d'Eduard 'Del' Delacroix

Si j'ai vu dans la ligne verte et notamment dans la longévité de Edgecomb et de la souris Mister Jinggle, un écho de l'oeuvre de Simone de Beauvoir intitulée Tous les hommes sont mortels (dans laquelle le comte Fosca, partage son immortalité avec une souris), ce n'est probablement pas ce qui m'a le plus marqué dans ce film sorti en 1999 et réalisé par Frank Darabont.

Paul Edgecomb, improbable pensionnaire centenaire d'une maison de retraite, revient sur une époque déterminante de sa vie. Dans une Amérique, où il ne faisait pas bon être noir, Edgecomb était en 1935 gardien-chef du pénitencier de Cold Mountain. Dans ce rôle, il était chargé de veiller au bon déroulement des exécutions capitales et s'était fixé pour mission d'adoucir les derniers moments des condamnés à mort.
Un jour, on amène à la prison un géant noir du nom de John Coffey (Michael Clarke Duncan). Ce dernier est accusé du viol et du meurtre de deux fillettes. Pourtant l'homme semble candide et timide et Edgecomb se prend d'affection pour le colosse, qui par ailleurs semble avoir des dons "magiques".
A la douceur de John Coffey, s'oppose le sadisme de Percy (Doug Hutchison), un surveillant de la prison, qui bénéficie d'un "piston" et qui en abuse à loisir.

L'insupportable scène de l'exécution de Delacroix menée par le sadique Percy

Le sadisme de Percy culmine lors d'un exécution qu'il s'est vue confier en échange de son départ prochain pour une autre institution.
Alors qu'il doit procéder à l'exécution de Delacroix, Percy, mu par sa méchanceté perverse, fait semblant de mouiller l'éponge, que l'on pose habituelle sur le crâne des condamnés afin que la décharge électrique aille directement au cerveau et les tue le plus rapidement possible. Après de très longues minutes d'une torture inhumaine, Delacroix meurt finalement carbonisé, dans un épais nuage de fumée. Tous, jusqu'aux témoins de l'exécution, sont indignés. Tandis que John, grâce à ses pouvoirs, a quant-à lui ressenti toute la douleur de Delacroix, la haine des gardiens de la prison pour Percy monte encore d'un cran.

Et ce n'est rien en comparaison de la haine du spectateur pour Percy...

Récemment, en commentaire d'une photo du personnage de Percy, j'ai pu lire : "I know the amount we hate that character speaks to the actor's ability, but buy the end of the dry sponge scene I actually full-on hated the actor himself".Ce que l'on pourrait traduire par "J'ai beau savoir que le degré de haine que l'on ressent pour un personnage est le meilleur avocat du talent de l'acteur qui le campe, à la fin de la scène de l'éponge sèche, je détestai réellement l'acteur lui-même."
Doug Hutchison ne doit pas avoir que des amis ...


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