La liste de Schindler : la petite fille au manteau rouge

La petite fille au manteau rouge

Malgré qu'on les ait aimé, il y a des films que l'on ne souhaite pas revoir avant longtemps. Si je devais en citer deux, je dirais sans hésiter La liste de Schindler, que j'ai vu pour la première et unique fois, au cinéma lors de sa sortie en 1994, et American History X. Ces 2 films sont de ceux qui laissent une empreinte forte, mais aussi un malaise suffisant pour qu'on ne souhaite pas forcément y replonger.

Le sujet seul de La liste de Schindler suffit à expliquer que le film de Stephen Spielberg soit entré - en ce qui me concerne tout au moins - dans cette catégorie. Ce biopic évoque en effet les efforts d'Oskar Schindler (campé par Liam Neeson), fils d'industriel d'origine autrichienne qui va, tout au long de la guerre 1939-1945, s'évertuer à protéger des centaines de juifs en les faisant travailler dans sa fabrique. En 1944, il sauvera huit cents hommes et trois cents femmes du camp d'extermination de Auschwitz-Birkenau.

Lorsque je pense à ce film, que je n'ai donc pas vu depuis des années, ne me reviennent que quelques images, dont certaines assez floues.
Mais il est une "fantaisie" de réalisation utilisée dans ce film par Spielberg qui m'a marqué, sans doute à vie.

La scène du petit manteau rouge ... et de la charrette

Je parle bien-sûr (le titre de ce post ne laisse pas vraiment planer le doute sur ce point) du fait d'avoir inséré, dans un film entièrement filmé en Noir et Blanc, une vague touche de couleur sur le manteau d'une petite fille déportée vers les camps. On retrouve cette petite fille à divers moment du film et l'oeil du spectateur est inexorablement attiré par la discrète couleur rouge de son manteau.

Tandis que les allemands, qui ont eu pour mission de faire disparaitre (autant que faire se peut) les traces de leur horrible forfait, s'agitent, Schindler s'entretient avec l'inquiétant Amon Goeth (Ralph Fiennes), commandant du camps de Plaszow. A ce moment, on voit apparaitre, sur une charrette, le manteau rouge qui enveloppe ce que l'on devine être la dépouille mortelle de la petite fille, bringuebalée sans ménagement vers une probable fosse commune. Le fait qu'à ce moment, Oscar Schindler regarde dans une autre direction rend ce moment plus pénible encore. Elle est quantité négligeable ... et négligée. Personne dans le film ne s'apitoie et ne partage la peine du spectateur.
C'est - de mémoire (je peux me tromper) - la dernière fois que le manteau rouge apparaît.
C'est aussi le moment du film où j'ai eu un sursaut d'horreur et où j'ai senti mon coeur s'emballer malgré moi.
Rien que d'y penser, le malaise revient.
Pourtant j'ai décidé qu'il était temps de revoir ce film, qui passera bientôt à la TV. En attendant, je vous propose de découvrir un montage des scènes dans lesquelles apparait cette petite fille au manteau rouge, et au destin tragique.

[block:similar=similar]
[block:block=79]


Commentaires

Juste pour info, la petite fille au manteau rouge a réellement existé, elle n'est pas seulement une fantaisie de Spielberg. L'auteur du roman, qui s'est basé sur les souvenirs des juifs de Schindler, en fait souvent mention car ce rouge était vraiment le symbole de la singularité que la petite voulait elle-même se donner. Par ailleurs à aucun moment sa mort n'est évoquée dans le roman. Effectivement la scène de la brouette est inventée par Spielberg. Il a supposé ce meurtre et lui a vraiment donné une portée symbolique. Après la diffusion du film sur grand écran, la petite fille en rouge (Roma Ligocka)s'est manifestée. Elle a écrit un livre qui témoigne de ses souffrances latentes et met en valeur l'impact de tout ces traumatismes sur le développement de l'enfant.

Ajouter un commentaire