Mélodie en sous-sol mais drame dans la piscine

Mélodie en sous-sol

C'est bien gentil le charme désuet des films en noir et blanc d'avant Internet, le minitel ou les téléphones portables mais ca touche un public assez ciblé, peu nombreux et surtout ça ne parle pas à la jeune génération!
Voici ce que me disait, en substance, l'un des membres les plus actifs de monfilmculte, l'autre soir lorsque je lui faisais part de mon envie de faire un post sur Mélodie en sous-sol. Un film d’Henri Verneuil sorti en 1963.

J'entends bien ton argument mon ami. Mais sous prétexte que la génération actuelle se gave de blockbuster US dans lesquels y'a toujours un Tom Cruise ou un Bruce Willis qui se balance au bout d'une corde au dessus du coffre d'un casino de la mafia, on ne doit plus faire que des posts sur leurs acrobaties répréhensibles et oublier nos bons vieux films en noir et blanc ou Gabin met toujours des plombes à allumer sa clope avant de lâcher une vanne d'Audiard ? (et si je veux je peux faire des phrases plus longues)

Et bien je dis non ! Nous pouvons faire les deux. Et le film qui réuni ces deux extrêmes, c'est Mélodie en sous sol.

Ocean Eleven dialogué pas Audiard !

L’histoire est simple, c'est le casse du casino de Cannes par une joyeuse bande de malfrat, Gabin, Delon, Biraud. D’accord, l'action se déroule dans les années 60 et il n’y a pas trop de gadget électronique. Mais justement, c'est du casse à l'ancienne, de l'artisanat, de l'orfèvrerie, de l'horlogerie suisse. Du casse parfait pour le journal de 13h de Jean-Pierre Pernault.

Bizarrement je ne vous montrerais pas une scène du casse mais une scène emplie d’une sorte de...poésie.
A la fin, une fois le coup réussi, il faut faire sortir le pognon de l'hôtel où se sont retrouvés ces voyous après le casse.
Le problème c’est que l’hôtel est blindé de condés (c’est le nom des flics dans les années 60). Tout ce beau monde se retrouve autour de la piscine avec des sacs rempli de biftons. Impossible de partir sans se faire remarquer par la police. Une seule solution pour ne pas finir en taule… Delon s'approche nonchalamment du bord de la piscine et laisse glisser tranquillement les sacs dans l'eau. Ils coulent et s'ouvrent lentement laissant remonter les billets par paquet à la surface et recouvrir totalement la piscine.
Gabin, regarde impuissant les billets flotter. Sa retraite dorée en Australie est à l'eau.

Pendant tout le film on se prend d'affection pour ces gentils voyous. On espère que le casse se passe bien. Et lorsqu'ils réussissent on attends avec impatience la happy end. Et poum patatra, ça coince.
Je trouve le contraste assez intéressant. On imagine une fin avec une fusillade, une course poursuite, des morts, etc. Mais en en fait non. C'est tout en douceur. On a largement le temps de comprendre ce qu'il peut se passer dans leur têtes. Tout ces efforts et ces risques pour rien, pour voir flotter leur fortune dans la piscine d'un hôtel de luxe...

La musique est un poil démodée mais l'ambiance est prenante. Les images des billets qui remontent du fond de la piscine pour finir par recouvrir la totalité de la surface me fond penser a ce fond d’écran Windows jadis qui faisait flotter des billets de 100 Dollars dans votre écran.
Finalement au regard de ce film, la bonne expression c'est plutôt jeter l'argent dans la piscine que par les fenêtres. non ?

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