Papy fait de la résistance : hop hop hop hop

Papy fait de la résistance

Je ne suis pas un grand fan du binôme Poiré Clavier. Opération Corned Beef a commencé leur chute dans mon estime et la suite n’a été que confirmation. Pourtant je suis un aficionados de « mes meilleurs copains ».
Il en est de même pour "Papy fait de la résistance" qui a donné un résultat mémorable. Pas assez reconnu à l’époque. Tout comme mes meilleurs copains d’ailleurs, qui a obtenu son statut de film culte grâce à la télévision. Papy quant à lui est devenu au fil des années une référence pour une certaine génération. Et pas forcément celle en âge d’aller voir le film à sa sortie en 1983

A l'époque c'était une grosse production avec quasiment l'intégralité du Splendid. Il manque Marie-Anne Chazel (enceinte à l’époque)
L’histoire se passe pendant la guerre. Une famille de bourgeois haute en couleur se retrouve au sous sol de leur hôtel particulier, réquisitionné pas l'armée allemande pour faire une kommandantur.

C'est une famille nombreuse. il y a la mère autoritaire un peu barrée et cantatrice, Helena Bourdelle (Jacqueline Maillant), le grand père bourru, Jean-Robert Bourdelle, dit Papy, Michel Galabru, la fille, Colette , jolie, gentille, nunuche et naïve, Pauline Laffont (mon Dieu, Pauline Laffont...mes draps s'en souviennent, comme dirait le chanteur du groupe "Il était une fois"), sa sœur, Bernadette Bourdelle, Dominique Lavanant, rigide et probablement frigide qui doit normalement convoler avec Michel Taupin le looser de service joué par Christian Clavier et enfin le fils, Martin Lamotte, Guy-Hubert, coiffeur faussement gay et résistant. Ce n'est pas forcement incompatible. Sommes-nous sûr de la virilité de Jean Moulin ? Brode Back Mountain aurait pu se passer dans une forêt française.

Tout ce beau monde doit donc cohabiter avec les allemands. Cette promiscuité forcée ne facilite pas la tache de super résistant (Martin Lamotte). Il doit dévoiler des trésors d'ingéniosité pour pouvoir sortir de la kommandantur afin d'aller sauver la France. Le film alterne entre vaudeville, grand guignol et film d'action allemand tendance derrick. Les personnages sont caricaturaux et tous les cliches de la France sous l'occupation sont passe en revu. Tout le monde en prend pour son grade avec un humour tantôt féroce et grinçant tantôt burlesque, absurdes ou potache.

Un autre personnage complète la distribution. Il s'agit d’Adolfo Ramirez (Gerard Jugnot), ancien concierge frustré de l'opéra Garnier et collabo. Il a une dent contre les Bourdelle.

La scène que vous propose est justement celle où Ramirez retrouve ses ennemis intimes au fond de leur cave. Il entend bien assouvir sa vengeance en profitant de ses nouvelles fonctions dans la police française de l'époque qu'on savait intègre et débonnaire.
Malheureusement pour lui ses plans vont être contrarié par une autorité supérieure, en la personne de Roland Giraud, le Général Herman Spontz mélomane et lettrée qui cite Goethe comme je cite Christophe Mae.
Jugnot est énorme dans ce rôle. A l'époque il avait encore ses moustaches et avec un imper, un borsalino noir et des lunettes de soleil rondes, c'est l'image parfaite du collabo séduit par la mode vestimentaire de la gestapo.
Martin Lamotte est magique en faux homo résistant, bien que je le trouve plus convaincant en coiffeur efféminé qu'en justicier résistant.

La scène et le film fourmillent de bons mots. Les talents de dialoguistes de poire et clavier, ne sont plus à démontrer. Il y a une bonne dizaine de moment cultes. Jacques Villeret, par exemple, en frère d'Adolf qui chante au piano "non moi non plus je n'ai pas changé" de Julio Iglesias, c'est aussi bon que la fin d'une chanson de Christophe Mae.

La scène de la cave est jubilatoire. Une grande partie de la palette des sentiments humains est présente. Il y a un petit côté cours de recréation des plus délicieux qui me ravi a chaque visionnage. On sent très bien que Ramirez attend ce moment depuis longtemps. La mère Bourdelle faux cul au possible fait ce qu'elle peut pour garder sa crédibilité. Au début l'avantage est clairement du côté Ramirez. Puis le commandant Allemand, qui a un faible pour une des filles Bourdelle débarque et en un instant les rôles s'inversent. Le mécanisme de cette scène, c'est de l'horlogerie suisse.

J'ai l'impression qu'un film chorale comme celui-ci n'est plus possible aujourd'hui. Aurait-on fait le tour du genre ? Les bandes de potes de ciné n'existe plus ? Faut il sortir nos "petits" mouchoirs ?


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