Dans la peau de John Malkovich... en toute humilité

Vous, moi, nous sommes tous Malkovitch

Depuis sa sortie au cinéma j'ai eu des réticences à regarder Dans la peau de John Malkovitch (Being John Malkovitch). La raison prinicipale était principalement le titre de ce film, centré sur un acteur... Que je connaissais par ailleurs suffisamment (désormais il est désormais connu des plus jeunes pour son rôle dans une pub pour des capsules de café). Je ne sais pas pourquoi - peut-être à cause de son rôle dans Liaisons dangereuses - mais j'imaginais de l'égocentrisme malkovitchien dans cette oeuvre.
Je me trompais.

A ma connaissance, ce film realisé en 1999 par Spike Jonze est l'un des seuls jamais imaginés à porter le nom d'un acteur...
Passons sur le concept ... Beaucoup de bizarreries sans doute inspirées par Lewis Caroll : un monde incompréhensible au significations absurdes, dans lequel on pénètre par des moyens incongrus (l'etage 2 et demi n'est pas sans rappeler Harry Potter, peu après la sortie du premier livre de l'oeuvre de J. K. Rowling) et dans lequel les gens associent aux choses et aux êtres des noms erronés.... Une histoire à l'orée du conte, de la philosophie, de la métaphysique . Une réflexion sur le métier d'acteur aussi (la présence Dustin Hoffman, de Brad Pitt, de Winona Ryder et de Charlie Sheen dans leurs propres rôles semble le prouver ... et les événements de 2011 ont démontré que c'est tout particulièrement le cas pour Mr Sheen). Des personnages à contre-emploi.
Bref, un cocktail détonnant.
Si Cameron Diaz (Lotte Schwartz)s'éloigne de la bimbo en incarnant une loseuse aux penchants lesbiens et en mal de maternité, John Cuzack (Craig Schwartz) n'a rien à lui envier, dans son rôle de marionnettiste sans avenir. On pourrait s'attendre à ce que John Malkovich s'en sorte mieux, pourtant c'est loin d'être le cas. Il est même mis à mal dans ce rôle (secondaire, soit dit en passant).

En se prêtant au rôle de marionnette (finalement une métaphore de l'acteur), dans laquelle des paumés peuvent s'introduire via un portail digne du terrier dans lequel s'engouffre Alice à la poursuite du lapin blanc, John Malkovich ne se prend pas un instant au sérieux.

A plusieurs reprises, il se dévoile, et pas seulement à titre d'acteur, mais bien à titre personnel. Ses angoisses d'adolescent, ses photos perso, les personnages qu'il a incarnés, et même son physique dévoilé à l'occasion d'une danse "subie", imposée par le marionnettiste jaloux, sont mises à l'écran sans pudeur (ou avec peu de pudeur).

La scène dans laquelle Malkovich entre dans son propre portail

Après avoir été largement manipulé par le trio infernal composé de Lotte, Craig et Maxine (alias Catherine Keener, en perverse égocentrique et froide), Malkovich décide de découvrir ce qui se trame. Il arrive ainsi à l'étage deux et demi et entre dans son portail (le lieu qui permet de voir par ses yeux à lui). Bien évidemment (?) cela provoque une redondance qui engendre un effet secondaire indésirable : Malkovich débarque dans un monde où il est omniprésent (sous de multiples personnalités) et où le seul mot est "malkovitch". Dans cette scène, Malkovitch démontre une capacité à se multiplier et à se tourner lui-même en dérision.

La scène de la danse

Une fois encore, Malkovitch se prête doublement au jeu d'acteur en acceptant de devenir la marionnette dansante de Craig Schwartz. Un exercice que l'on imagine difficile ... A la fois comique et dramatique...





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