Quand Michael Douglas est en Chute Libre, faut pas le chercher

Mickael Douglas en Chute Libre, faut pas le chercher

Je n'ai jamais mis un pied à Los Angeles. Et pourtant, le cinéma m'en donne une image assez précise. Peut-être fausse, mais précise.

Il semble parfois y régner une chaleur étouffante, accablante, que le paysage urbain, la pauvreté et les gangs rendent insupportable. Le genre de chaleur qui écrase celui qui se repose et rend fou celui qui méprise son pouvoir et fait le choix de se déplacer, vivre.

"Aujourd'hui, le soleil débordant qui faisait tressaillir le paysage le rendait inhumain et déprimant." écrit Camus dans l'Etranger. Los Angeles sous la chaleur, ça doit aussi ressembler à ça. Peut-être. C'est en tout cas de cette façon que la ville est montrée dans le film One Eight Seven.

C'est aussi de cette façon que Joel Schumacher débute son film Chute Libre (Falling Down) en 1993.

William Foster (Mickael Douglas), au volant de sa voiture coincée dans un embouteillage, subit de plein fouet cette chaleur. La radio ne fonctionne plus. Plus de divertissement. Il veut ouvrir la fenêtre côté conducteur, la poignée tourne à vide. Dès lors, tout devient agression. Les gens qui rient, la signalisation lumineuse, les autres voitures, cette satanée mouche qui se pose sur sa peau couverte de sueur, et dont le vol est entêtant, les hurlements des autres conducteurs, leurs coups de klaxon ...

Il abandonne sa voiture au milieu de l'embouteillage et à celui qui lui demande ce qu'il fout, il répond "Je rentre chez moi".

C'est plus tard que l'on comprend ce qu'il a voulu dire par là. Parce qu'évidemment cet embouteillage n'est que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase du stress, de l'agacement, de la colère de ce fonctionnaire moyen, dont la chemise à manche courte blanche est ornée d'une cravate noire et surmontée de lunettes à bord supérieur épais.

Le pétage de plombs, c'est parce que ça déborde. Et chaque agression, chaque absurdité, chaque manque d'empathie ou de sympathie, toute règle absurde, déclenche chez William Foster une explosion de colère et de violence.

Lorsqu'il entre dans un fast-food pour commander un petit déjeuner. On le lui refuse. Les petits déjeuners sont servis jusqu'à 11h30. Il est 11H31. On lui impose de déjeuner, on ne le prend pas en compte. On ne lui demande pas son avis. Ce manque de respect, alors même qu'il est client, qu'il va payer, le rend fou. Il sort une arme.

Ce n'est que l'une des très nombreuses situations violentes auxquelles il sera confronté, avant que ne survienne le dénouement et que l'on comprenne pourquoi sa sensibilité aux agressions extérieures de tous acabits est devenues si extrême.

Ci-dessous, vous trouverez la scène qui suit immédiatement le début du film, alors que William a abandonné sa voiture. Il s'est installé quelques minutes au milieu d'un terrain vague. Deux mexicains débarquent en prétextant qu'il est sur leur territoire. William se maîtrise, décide d'abandonner le terrain. Les gars veulent alors le dépouiller de sa mallette. William, maîtrise moins bien. Ca se précise, il a envie de rentrer chez lui ...

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