Scarface: l'interrogatoire de Tony Montana

Al Pacino, alias Tony Montana

Scarface est un monument du cinéma. Pourquoi ? Parce-qu'Al Pacino y est grandiose.
C'est également une page de l'histoire des Etats-Unis que nous montre Brian De Palma dans ce film sorti en 1983.
En 1980, Castro ouvre le port de Mariel à Cuba, et les Etats Unis offrent l'asile politique aux immigrés Cubains opposés au communisme. Trois mille bateaux partirent des Etats-Unis pour ramener ces Cubains dépouillés par Castro. Ce dernier profita de l'occasion pour obliger les propriétaires des bateaux à ramener avec eux le pire des prisonniers Cubains vers les Etats Unis. Sur les 125000 réfugiés politiques, 25000 avaient un casier judiciaire...
Le rêve Américain pour un peuple pauvre et opprimé. Certains sont interrogés à leur arrivée et parqués dans des camps de réfugiés en attente de leur permis de travail.
Tony Montana (Al Pacino) est de ceux là. Ambitieux à la pointe de la mégalomanie, il obtiendra rapidement son permis de travail en honorant un contrat de meurtre d'un ancien lieutenant de Castro qui avait perdu la confiance du dictateur et qui avait été chassé du pays. Avec son ami Manny (Steven Bauer), Tony profitera de ce premier contrat pour obtenir d'un caid local son permis de travail.

Corruption, fraudes, trafics, drogue, meurtres, voici le Miami des années 80...
Tony en fait son affaire, il est dans son élément. Il a les dents longues, une volonté de s'en sortir à la limite du ridicule car au sommet du trafic de drogue, millionnaire, il ne sera jamais autant malheureux. Si vous n'aimez pas le bling-bling, vous n'aimerez pas le style de sa maison ni de sa voiture !

Rapidement, à force de briser les règles et de s'imposer comme le nouveau big boss, il va monter jusqu'à en perdre la raison.
La scène finale du film nous montre un Al Pacino au sommet de son art. Dans sa maison qui ressemble plus à un palais qu'autre chose, il va défier jusqu'à la mort l'armée de tueurs accompagnés par Alejandro Sosa (Paul Shenar), caid Bolivien qu'il avait trahi.

La scène de l'interrogatoire

Cette scène, la première du film après les images d'archives sur l'exode Cubain, montre Tony Montana, qui n'est à ce moment qu'un pauvre Cubain qui vient de débarquer.
Il se fait malmener par la police qui l'interroge pour savoir si ses intentions sont nobles.....Ils savent bien qu'ils ont à faire à des délinquants notoires c'est pour celà que leurs interrogatoires vont droit au but pour brusquer les interrogés. Ils en ont aussi marre de se faire mener en bateau.

Dés le début Tony est insolent. A la question, "como se llama" (comment vous appellez vous) il répond "et vous comment vous vous appellez" ! Puis les questions vont bon train pour essayer de le destabiliser. Quand ils commencent à y parvenir, il s'énerve et leur sort le laius du bon opposant au communisme. Rappellons qu'à cette époque le communisme était la bête noire des Etats-Unis, et il joue là sa dernière carte.
On sent bien que tout ce qu'il dit est préparé, d'ailleurs un des policiers dit "j'crois pas un seul mot de ces conneries, d'ailleurs ils disent tous les mêmes trucs et ce sale fumier de Castro nous chie carrément à la gueule".
Je me répête au fil de mes articles mais Al Pacino est vraiment un acteur incroyable. Du lieutenant colonel aveugle dans "Le temps d'un week end", au chef de famille mafieuse dans "Le parrain", en passant par le démon dans "L'associé du diable", il est à chaque fois tout simplement le meilleur. Scarface n'est pas mon film préféré mais on ne peut que remarquer le génie d'Al Pacino dans ce film et dans cette première scène que je vous laisse le soin de voir ou de revoir...

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