Sur la route de Madison : quand le désir monte

Meryl Streep s'interroge sur son désir

Longtemps j'ai rechigné à regarder sur Sur la route de Madison (The bridges of Madison county). Je le connaissais de réputation, un film romantique ... émouvant, me disait-on. J'avais traduit "film à l'eau de rose pour mémère". La collection Harlequin, version ciné.
Ah mais c'était sans compter sur le talent du réalisateur et acteur, Clint Eastwood, pour ne pas le nommer et sur celui de Meryl Streep, dont le visage étrange avait bercé mes jeunes années au détour de films comme La mort vous va si bien, Kramer contre Kramer ou encore Out of Africa (dans lequel elle donnait la réplique à l'autre géant du cinéma US, j'ai nommé Robert Redford).
Un jour donc, prenant mon courage à deux mains, je zappe sur Arte et me lance dans la découverte de la route de Madison.

Ce n'est pas sans surprise que je me suis plu à regarder ce film de 1995 qui me semblait conçu pour la ménagère de plus ou moins 50 ans. Il faut dire qu'il est des films qui font écho à un vécu humain commun : quelque soit l'âge ou le sexe, on comprend l'ennui que génère la routine, on comprend la magie de certaines rencontres et le besoin vital d'un peu de poésie ... parfois ...
D'une certaine manière, je pourrais rapprocher ce film de Brokeback mountain... la magie et la joie en moins.

Car si les contingences de la vie et de leur situation viennent rompre la force vitale des protagonistes de Brokeback mountain, c'est une rencontre qui rend la sienne à une femme que la vie de couple a éloigné de ses élans de jeunesse.
Quand le film commence, Francesca vient de mourir. Ses enfants font le tri dans les affaires de la vieille dame et y découvrent son journal intime, dans lequel elle dévoile une relation extra-conjugale qu'elle a eu des années plus tôt.
A cette époque, alors que ses enfants et son époux, que par ailleurs elle aime et respecte, se sont absentés du foyer conjugal, Francesca fait la connaissance de Robert, photographe de passage dans le comté de Madison.

Entre eux débute alors un jeu inconscient de séduction.

La scène de la cuisine

Parmi les quelques scènes marquantes de ce film (on y compte aussi celle de la prise de vues près d'un pont couvert, ou la scène de l'adieu silencieux), il en est une plus discrète qui met en valeur le talent des acteurs, et tout particulièrement celui de Mme Streep.
Robert, torse nu, vient de - virilement - faire sa toilette dans le jardin, sous l'oeil discret et néanmoins concupiscent de Francesca. Il la rejoint ensuite dans la cuisine. Elle prépare le dîner et nettoie des légumes qu'elle s'apprête à découper.
En homme moderne, n'écoutant que son esprit post-féministe, Robert lui prête main forte. Et tandis qu'il s'agite autour d'elle, Francesca s'enivre secrètement de son odeur virile de photographe qui ne craint pas l'eau froide. Lorsqu'il la regarde, elle semble indifférente à son charme, mais rien de ce qui l'anime réellement n'a échappé au spectateur qui sent bien, par le biais d'un jeu d'acteur et de caméra savamment orchestrés, que le désir monte chez cette femme au foyer dont la braise couvre sous les cendres de son mariage... heureux.


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