Tanguy : La torture domestique

Tanguy

Je suis jeune papa et j'avoue que les sentiments extrêmes d'André Dussolier, le père de Tanguy dans le film éponyme d’Etienne Chatiliez, sortie en 2001, m'ont souvent tenté. Il est vrai que les mômes c'est adorable, c'est notre sang, notre cœur mais c'est aussi super méga hyper pénible !
L'envie irrépressible de les claquer peut parfois nous étreindre et nous devons lutter contre nos penchants bestiaux. André Dussolier, lui n'a pas lutté. On peut aisément comprendre qu'avoir encore sous son toit, son fils sur-diplômé de 28 ans, peut amener à certaines extrémités et celle qu'il a trouvée est un plaisir de fin gourmets pour les sadiques machiavéliques. Jugez plutôt. Pour tenter de faire comprendre à son fils qu’il est temps qu’il quitte la maison familiale, il a, entre autre, dévissé une des 3 vis du pas de porte de la salle de bain de son enfant chéri pour qu'il se cogne dedans, pieds nus, le matin au réveil. Pas mal non ?
Je ne pourrais jamais arriver à de telles extrémités. Il est vrai que ma fille n'a que 7 ans et non 28 comme Tanguy.
Mais si par hasard, je devais me résoudre à échafauder des plans diaboliques pour lui faire comprendre qu'il serait temps qu'elle quitte le cocon familial, je pense que j'aurais commencé plus en douceur.
Dans un premier temps, j'aurais humidifié ses céréales ou coupé les poils de sa brosse à dent. Quelques inversions de produits d'hygiène, comme de la mousse à raser à la place du déodorant ou de la préparation H à la place du dentifrice auraient normalement commencé à lui mettre la puce à l'oreille.
Après, je serais passé aux choses plus sérieuses. Par exemple, j'aurais changé la langue de son portable en Thaïlandais ou en Hongrois, et fais une lessive de ses sous-vêtements un peu trop chaude ou systématiquement mouillé le papier toilette de ses WC personnels.
Pour moi cette scène de la salle de bains c’est : la souffrance de l'attente...de la souffrance. Il faut relire cette phrase lentement au moins deux fois pour la comprendre. Mais c'est vraiment ça. On sent très bien qu'il va se prendre la vis dans le pied et rien que l'idée de la souffrance à venir, c'est déjà une souffrance insupportable. Cerise sur le gâteau, la mine déçue d'André Dussolier lorsque Tanguy échappe au supplice par deux fois, c'est du grand art.
Les trouvailles de ce film et les mesquineries d'André Dussolier et Sabine Azema sont dignes de Machiavel. C'est un très bon Chatillez et malheureusement le dernier en date...
Je suis sur que vous aussi vous avez des idées de petits supplices du quotidien que vous auriez aimé pouvoir infliger à vos chérubins. Des choses inavouables et mesquines... me trompe-je ?
La scène de « torture » est à 7min et 50 seconde dans la vidéo ci-dessous.


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