Thank you for smoking & le Marlboro-man : par delà le Bien et le Mal

Sam Elliott dans le rôle du Marlboro man



Darrell Winfield, the Marlboro manDarrell Winfield. Ce nom ne vous dit probablement rien et pourtant vous connaissez peut-être son histoire.

Darrell Winfield, c’est l’un des Marlboro men, l’un des cow-boys utilisés pour représenter la marque à partir du début des années 1950.
Dans sa jeunesse, en raison de son aspect fier et farouche de cow-boy américain (il travaillait dans un ranch) des origines, il avait (parmi d’autres) incarné la fameuse marque de cigarettes à la faveur d’un concept marketing imaginé par l’agence de publicité Léo Burnett.
Le directeur artistique en charge du projet, face à cette mâle icône américaine, s’en était trouvé effrayé. Il avait déclaré (la traduction est hasardeuse) : « J’avais déjà vu des cow-boys, mais je n’en avais jamais vu un qui m’ait comme qui dirait fait autant flipper. »

Des années plus tard, un cancer des poumons en avait l’icône malheureuse de la lutte contre le tabac.
Mais où veut-il en venir, le bougre, se demandent déjà certains.
Ce long laîus historico-publicitaire n’avait d’autre ambition que d’introduire Thank you for smoking, un film de Jason Reitman sorti en 2006. Thank you for smoking (littéralement « Merci de fumer »), c’est un aperçu de la vie de Nick Naylor (joué par Aaron Eckhart ) sorte de responsable marketing du lobby des cigarettes.

Dans ce poste, il a pour mission de promouvoir le Tabac, de défendre l’image de la cigarette et de la protéger contre les éventuelles attaques.

Scène de la tentative de corruption du vieux cow-boy

Dans la scène qui suit, Nick Naylor, à l’invitation de son patron se rend chez Lorne Lutch (Sam Elliott), qui avait par le passé prêté son image à une marque de cigarettes, et qui, désormais malade, entend bien faire connaître son état (c’est donc là où je voulais en venir avec mon introduction sur Mr Winfield).
L’idée du patron, est d’offrir une grosse (très grosse) somme d’argent à Lorne avec l’espoir que ce dernier s’en voit adouci.
A son arrivée chez le cow-boy, ce dernier se montre fidèle à la réputation des hommes de son espèce : il met Nick en joue et Nick ne voit la menace s’atténuer que lorsque son fils, qu’il a emmené avec lui et qui était resté dans la voiture, descend de la voiture et intervient pour prendre la défense de son père.

S’entame ensuite une discussion où Nick explique calmement à Lorne la raison de sa venue . Avec beaucoup de candeur, il dévoile sa démarche. Il ouvre la valise, montre les billets.
Son attitude est curieusement non-mercantile, il s’exprime avec le naturel d’un prestataire en service de communication. Avec une neutralité désarmante, il explique ce qu'il faut faire et les conséquences possibles des choix possibles. Son absence de jugement, de parti-pris met Lorne dans l’indécision. Son attitude rationnelle met le doute chez le vieux cow-boy.

Pour la suite, je vous invite à la découvrir en cliquant sur la vidéo ci-dessous.

Si ce n’est pas le sujet premier de la scène, je vous invite pourtant à prêter une attention particulière à la relation père-fils telle qu’elle se dessine.
L’intelligence du fils est nettement perceptible. Sa capacité à percevoir les situations et à les analyser semble grande. Et l’on sent bien l’admiration pour ce père qui œuvre au quotidien par delà le bien et le mal.

La vidéo...(en anglais)

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