Comme la lune : les robes de chambre violettes, ça mitraille sec

Sophie Daumier en lingerie

Tous les amoureux des Galettes de Pont-Aven qui ne connaissent pas forcément l'oeuvre du réalisateur Joël Séria peuvent être heureux, il leur reste à découvrir le reste de sa filmographie, une petite bijouterie au milieu de laquelle trône un pur diamant, tourné en 1977 et intitulé Comme la lune. Séria y retrouve Marielle et lui fait jouer le rôle de Pouplard, un type à côté duquel Henri Serin, vendeur de parapluies/peintre contrarié/cocu magnifique pourrait passer sans problème pour un modèle de retenue et de savoir-vivre.

Pouplard est un boucher picaresque et jovial qui vit sans souffrance sa crise de la quarantaine en abandonnant au vu et au su de tout le mode femme et enfant pour les bras chauds et moelleux d'une maîtresse au train et au mode vie très très, mais alors vraiment très ostentatoires. Le tout se passe dans une province pompido-giscardienne typique, corsetée à l'extrême par des convenances morales d'un autre âge, que la plupart des gens contournent sans doute hypocritement mais que Pouplard choisit de faire exploser sans la moindre gêne, préfigurant à sa manière l'individualisme démonstratif et outrancier qui caractérisera les années 80.
Cet égoïsme forcené, allié à une absence totale de sens de la mesure et des convenances, étant le trait principal de son personnage, Séria se lâche dans les grandes largeurs et accumule les scènes d'anthologie avec un plaisir rabelaisien.

Le peignoir couleur violette, "ça mitraille sec !"

Le spectateur en prend plein les mirettes (voyez le goût subtil avec lequel l'appartement de Sophie Daumier est décoré, sans parler de la sobriété de la coupe et du coloris du peignoir qu'elle offre à son étalon) et plein les oreilles, les dialogues étant calibrés à la façon d'un Audiard qui aurait abandonné toute ambition poétique pour mieux témoigner de la vulgarité des protagonistes.
Et pour emballer tout ça, et rendre l'histoire grandiose de petitesse et malgré tout crédible, un peu à la manière des comédies italiennes du genre "Affreux, sales et méchants", Joël Séria est donc un orfèvre. Comme la lune est pour moi supérieur aux Galettes de Pont-Aven, et Jean-Pierre Marielle est un saint homme.


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